Salariés, nous sommes les mieux placés pour amener le sujet de l’écologie au boulot !

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes sont conscientes que nous devons nous mobiliser en tant que société civile. L’écologie n’est plus un sujet optionnel, mais une préoccupation de tous les jours. On constate de multiples exemples de « transféreurs » qui émergent dans nos entreprises. Pour autant, l’action écologique est encore le terrain de métiers spécifiques dans l’organisation. RSE, direction éventuellement, parfois quelques projets de développement durable. C’est rarement une activité intégrée à notre fiche de poste, et faire avancer des actions sur ces sujets s’avère souvent difficile, car cela nécessite d’agir au-delà des silos fonctionnels de l’entreprise, et de nos cadres habituels.

 Et pourtant, au vu de l’urgence, je pense que nous n’avons plus le temps d’attendre que des politiques descendantes évoluent et mettent en œuvre des actions sur ces sujets. A titre personnel, je pense que les actions impulsées par les directions, dans les meilleurs cas où elles existent, ne seront que plus efficaces si elles sont rejointes par des initiatives individuelles des salariés. Je suis persuadé qu’aujourd’hui, nous avons le droit et le devoir, de mettre le sujet sur la table à tous les niveaux de l’organisation, car il en va de notre avenir commun.

 Se mettre en action face à l’ampleur des mauvaises nouvelles, c’est aussi se sentir mieux, c’est réduire sa dissonance cognitive entre actions et convictions individuelles. On passe en moyenne plus de 80 000 heures au travail dans une vie, autant que ces heures soient lucides face aux enjeux. Même, faire des petites actions, c’est commencer à amorcer un changement de culture, c’est commencer à prendre en compte sérieusement ces aspects pour que demain ils deviennent des sujets à prendre en compte dans chacune des décisions de nos sociétés.

 Bonne nouvelle également, nos entreprises ont un intérêt majeur à soutenir ces initiatives. C’est un enjeu qui rend les salariés engagés et entreprenants, qui mobilise dans des projets et dans le construire ensemble. Enfin un vrai enjeu commun qui ne parle pas de réduction des coûts, ou d’augmentation de productivité. Pour la marque employeur, la qualité de vie au travail, et l’image auprès de ses clients et partenaires, c’est un vrai atout. Et à contrario, c’est un vrai risque pour nos entreprises de ne pas entendre l’inquiétude des forces vives sur ces sujets, les plus jeunes talents en particulier, et de les voir déserter vers des concurrents qui auraient fait ce virage.

70% des salariés déclarent qu’ils seraient plus « loyaux » et plus « fidèles » envers leur employeur si ce dernier était réellement investi dans une démarche de responsabilité. (Etude Cone Communication)

 Comment, moi à titre individuel, je peux commencer à agir dans ma société ?

 Tout d’abord, en parler, ouvrir la question. Lancer une discussion pendant la pause de midi, questionner l’impact de tels ou tels projets sur l’environnement, proposer des améliorations sur des sujets concrets qui nous interpellent. (Déchets, alimentation, transports, énergies par exemple) C’est un bon moyen de bousculer la culture actuelle, mais aussi de trouver d’autres salariés motivés. C’est nécessaire pour travailler à changer les habitudes, de trouver un groupe sur lequel s’appuyer pour éviter l’isolement voir l’épuisement. Ensuite, trouver ses alliés et partenaires. Il y en a plein potentiellement : le CSE, les départements RSE, mais aussi les directions amélioration, innovation, les ressources humaines. Il faut également ne pas hésiter à chercher des renforts et de la motivation à l’extérieur, le monde associatif et entrepreneurial regorge d’initiatives qui peuvent rassurer, inspirer et ancrer la motivation. 

 De plus, il faut surmonter le syndrome de l’imposteur, ce n’est pas parce que ce n’est pas mon métier ou ma formation initiale que je ne peux pas m’impliquer sur le sujet. Après tout, qui est mieux placé pour interroger notre impact que ceux qui s’en préoccupent vraiment ? 

Une définition du courage ? « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. Fais-le, ils s’habitueront. » Rene Char

 À titre personnel, ayant envie de me mettre en action, j’ai pu participer avec quelques collègues au développement d’un collectif indépendant salarié, pour essayer de faire bouger les choses sur ces sujets chez Safran. Des salariés très motivés, prêts à agir très activement, mais aussi plein de sympathisants qui attendaient que d’autres ouvrent le sujet pour venir exprimer leurs inquiétudes et envies sur ces questions.

De belles réalisations ont vu le jour, de la permaculture, de la réduction de déchets plastiques, des actions pour un entretien plus écologique des espaces verts, et surtout le démarrage d’un dialogue salarié, comité social et économique (CSE) , et direction, prometteur pour la suite des actions.

 Aucun doute que les pionniers, pour l’instant, sont surtout de profils entreprenants et de « corporate hackers« , qui n’ont pas peur de se retrousser les manches pour faire les premiers pas et actions. Mais derrière, beaucoup de salariés sont en attente que leurs entreprises et collègues bougent sur ces sujets pour dépasser leurs propres freins à l’action. Le potentiel est donc assez énorme si on ouvre la voie. Demain, j’ai envie que chaque salarié puisse se saisir des enjeux, et intégrer la construction d’un meilleur futur au sens de son travail. 

 Pourquoi maintenant ? 

 Maintenant est probablement le meilleur moment, parce que des politiques environnementales sont engagées un peu partout par les directions face à la pression sociétale. Et il est assez certain que cette pression va continuer à croître au fil des mois.

Au vu de l’urgence, et des enjeux, nous n’avons pas le temps d’attendre. Agissons, inspirons par l’exemple, questionnons, construisons des projets et actions avec différents partenaires dans l’entreprise, dans les instances de représentations du personnel, avec nos collègues. La transition ne sera que plus efficace si elle est la jonction d’initiatives autonomes impulsées par le bas, et d’une stratégie d’entreprise globale et ambitieuse.

« Plus l’époque est foisonnante et les idées bouillonnantes, plus il nous faut nous affirmer, crier haut et fort notre petite voix intérieure. La seule chose à laquelle nous nous devons d’être conformes, c’est nous même. Suivons nos intuitions, et d’autres les suivront avec nous. À l’instinct et dans l’instant, nous avons nous aussi une incroyable capacité à avoir du flair. » Olivier Bas dans #liketonjob

 Vous aussi, vous sentez que le moment est venu de mettre les choses en mouvement, et que l’urgence est là ? Discutons-en en commentaire ou message privés, rencontrons nous, mettons des outils et ressources en communs, pour construire une société où les salariés s’engagent pour un impact plus positif de leur travail.

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