Retour sur mon switch professionnel

Dans ma newsletter d’avril 2020, je suis revenu sur mon switch professionnel. Et comme c’est un récit et une réflexion qui peut être utile à d’autres, je vous la partage ici également :

Certains voient un changement de voie, comme un « saut dans le vide », une preuve de courage, mais c’est aussi et surtout, quelque chose qui s’est construit progressivement, réfléchi, puis mis en mouvement.

D’ailleurs, ce n’est pas toujours facile de délimiter le début d’une telle transition. J’en suis même assez incapable.

Si tu me lis, tu connais peut-être déjà un peu l’histoire, mais pour faire simple, l’an dernier, en octobre 2019. J’ai quitté mon poste confortable en CDI chez Safran (sur de la gestion de projets industriels), pour me lancer à plein temps sur l’animation de moments collaboratifs et des activités autour du jeu.

Première phase : Le constat.

C’est en janvier 2019. Je suis moralement fatigué. Gérer des projets d’industrialisation dans l’aéronautique, c’est un métier très transverse, de challenges, et plutôt bien en lien avec le terrain et là technique. Sur le papier, ça sonne bien. Mais c’est un métier qui ne me correspond plus. On me demande surtout d’exécuter efficacement, d’être rigoureux, et de coordonner. Faire avec la réalité de la vie des projets, et agir au mieux pour y mettre de l’ordre. Un profond sentiment de n’être plus bon qu’à faire « rentrer les ronds dans les carrés », prend progressivement le dessus.

Heureusement, à ce moment-là pas mal de choses m’aident à savoir qu’il faut que je fasse quelque chose.

Déjà, un nombre conséquent d’heures sur les bancs du CNAM, pour étudier le Management de l’Innovation. Se plonger dans les projets d’explorations, dans les dynamiques des équipes innovantes, et les différents outils et méthodes utilisés, cela m’ouvre des champs de réflexion.

Je complète cela par des expériences associatives. Des projets interdisciplinaires avec Idées d’Après et une bonne connaissance du milieu des tiers lieux. Plusieurs tests grandeur nature de la posture de facilitateur au sein de Muséomix. Et aussi des découvertes sur les sujets du jeu que ce soit à des événements au Gamelier, au PlayfulLab, ou via de la consommation de contenus (articles et podcasts).

Bref, je sais que je ne suis pas dans les compétences que j’ai le plus envie de mettre en œuvre.

Je prends aussi le temps d’étudier des possibilités en interne. Explorer la voie de l’intrepreneuriat et du corporate hacking (plutôt inspiré par Les Hacktivateurs), en proposant des projets et des expérimentations plus en phase avec mes aspirations, en rencontrant des acteurs métiers de l’innovation et la transformation en interne.

Malgré tout cela, la situation me parait bloquée, frustrante. Le tout couplé à une prise de conscience écologique, qui vient amplifier l’envie de contribuer à la société, autrement qu’en produisant des moteurs d’avions.

Phase 2 : La décision et la préparation

Une fois que le point de blocage est clair, la question se pose. Et maintenant, je fais quoi ? Je subis et je reste ? Je prends une décision difficile, au risque de perdre un CDI que j’ai espéré plusieurs années en début de vie professionnelle ?

Au début, réflexe habituel, j’échange avec des amis ou des personnes de référence pour moi. C’est utile pour partager les doutes, mais je comprends que je ne peux pas attendre d’eux les réponses. Le dilemme du changement de voie nécessite de prendre en compte beaucoup de paramètres, d’éléments personnels, et une bonne part d’intuition.

Pour me permettre de creuser les questions, d’explorer des pistes, je fais le programme « Switch Collective ». En résumé, de l’introspection, du travail en groupe avec d’autres en quête de sens, et du temps de cheminement. Avec pour principal aboutissement, pour moi en tout cas, d’avoir une vision plus claire de mon pourquoi/quoi/comment.

J’en ressors avec un pourquoi, imparfait, et qui a évolué depuis, mais fort et stimulant : « Promouvoir et faire expérimenter la collaboration et la cocréation ».

Dernière coïncidence, qui a contribué à mon choix, en mars 2019, Alexis Minchella lance « Tribu Indé », podcast qui va réellement interviewer des freelances et des créateurs de contenus sur leur quotidien. Cela tombe bien, je connais peu d’indépendants, et je suis très client des formats entretiens longs, depuis Nouvelle École. Une bonne façon pour moi de découvrir le vrai quotidien de freelance, et de voir que ça pouvait me correspondre.

Toutes ces réflexions mises bout à bout. Je me dis qu’il faut que je teste tout ça, dans une activité que je me crée.

Cela va de plus me permettre d’embarquer et de faire le lien entre le collaboratif, le jeu, et mes convictions personnelles.

Juin 2019, le mouvement s’accélère.

Phase 3 : l’action

La dernière phase est la plus claire.

Démarrer l’autoentrepreneuriat sur une mission test, en plus du boulot, c’était déjà en cours. Merci à Prismatik de m’avoir fait confiance pour me mettre dans le bain directement.

Faire les comptes pour voir quelles options de transition sont envisageables. C’est fait, c’est jouable.

Une négociation avec mon employeur, qui aboutit sur une démission pure et simple.

Et puis y aller ! L’annoncer, gérer la pression sociale (encouragements comme critiques), assumer.

Et ensuite, s’entourer, se donner une méthode, et construire cette nouvelle activité.

Bref, j’ai tellement appris en six mois, que quand je regarde en arrière, quoi qu’il arrive maintenant, ça valait le coup !

Merci d’avoir lu cet article, j’espère qu’il t’aura apporté quelques pistes. Depuis, j’ai enregistré un épisode dans le podcast Ozé que tu pourra retrouver ici (et où j’ai pu en dire plus sur cette transition professionnelle)

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