Comment créer de l’émergence par le jeu : le « Playful Design »

Dans ma newsletter, j’explore les moyens de créer de l’émergence
Pour moi, un des moyens forts de le faire, c’est ce que j’appelle le Playful Design.

Aujourd’hui, je te propose d’explorer ensemble :

  1. La différence entre « game » & « play »
  2. Qu’est ce que c’est le playful design ?
  3. Que peut-on en tirer pour mettre du playful dans nos design ?

La différence entre game & play

Je ne peux pas te parler de « playful design » sans t’expliquer ce qu’est le « Play ».

Lorsqu’on conçoit des jeux, c’est utile de distinguer deux choses dans le jeu : le « Game » , et le « Play« .

Si l’on traduit ces mots anglais, les deux veulent dire jeu. Et pourtant, ils ne parlent pas vraiment de la même chose.

Le Game, c’est le jeu dans sa structure. Ses règles, son code, son matériel, sa boite. Tout ce qui contribue à définir le cadre du jeu. Souvent on y met aussi les points, les conditions de victoires, le but du jeu.

Le Play, c’est le jeu en tant qu’activité. C’est l’activité de jouer, c’est l’imagination et l’exploration. C’est le « jeu libre » de l’enfant. C’est le « ça fait quoi si j’appuie là »

Dans un jeu, ces deux mots ne sont pas opposés. C’est même une des définitions du jeu : une activité libre (play) dans un cadre (game).

Et justement, on va s’intéresser maintenant à comment développer le play, même en dehors des jeux.

C’est quoi, le « Playful Design ? »

Le playful design part d’un constat.

Cette attitude de jeu, est bénéfique, pour explorer, innover, se connecter aux autres, apprendre, être heureux.

L’idée est du playful design, c’est de concevoir des cadres qui favorise cette attitude de jeu et d’exploration, individuelle ou collective.

En quelque sorte, le playful design, c’est une méthode pour concevoir des terrains de jeux, dans lesquels les participants se sentent bien pour juste jouer et faire émerger des trucs.

Dans le monde de l’enfance, ces terrains de jeux et jouets favorisent ce qu’on appelle le jeu libre, ce jeu sans objectif qui permet de s’éveiller, mais c’est encore trop peu encouragé à l’âge adulte.

Pour moi les terrains d’applications du playful design possibles sont nombreux. Les ateliers collectifs, les communautés, les produits et services, les organisations.

C’est une façon de retrouver notre « playfulness » (encore un mot anglais, après j’arrête ) , cette attitude d’ouverture au jeu exploratoire, au play.

J’aime beaucoup ce mot et je trouve que c’est un état d’esprit que nous gagnerions à retrouver plus souvent.

Allons-y, alors !

Quelles pistes nous apporte le Playful Design dans nos pratiques ?

Je vais être franc, pour construire cette newsletter, j’ai cherché, et je vais continuer, mais je n’ai pas trouvé beaucoup de ressources sur les « méthodes pour faire du Playful Design »

Et pourtant, c’est une pratique que nous intégrons déjà sans la formaliser tel quelle dans notre pratique de la gamification chez Fidbak.

Je vous propose donc de réfléchir ensemble à ce qui fait le succès d’un terrain de jeu, d’un jouet, pour voir ce que nous pouvons en apprendre.

Quelques idées de pistes pour créer en mode « playful design » dans vos activités :

La sécurité : créer un cadre dans lequel on va pouvoir jouer qui soit un espace « sur », sans jugement, sans crainte du retour négatif ou pour sa propre sécurité.


Son esthétique : proposer une esthétique de la proposition de jeu qui soit invitante, il faut qu’elle stimule l’imagination. Des couleurs vives, des sons, des contrastes, on va souvent trouver cela dans les jouets qui plaisent aux enfants.


Sa capacité de suggestion : « Show, don’t tell » , le cadre doit proposer de multiples activités et possibilités, sans les contraindre trop. Si vous êtes assailli de consignes, vous n’avez plus le temps pour jouer.


Des espaces vides, des interstices et des silences : pour rendre le jeu possible, il faut qu’il y ait des endroits où l’on peut écrire, créer, du silence pour parler par-dessus. Il ne faut surtout pas tout prévoir, tout occuper.


Des feedbacks : pour que les gens jouent, il faut « qu’il se passe des trucs quand on appuie sur les boutons ». Mettre des retours, des choses qui se passent, de l’imprévu, montrer que l’utilisateur a une action sur le système, c’est une belle façon de l’inciter à jouer également.


Voilà quelques pistes qui sont venues dans ma réflexion, mais il y en a sans doute plein d’autres.

Alors, est ce que toi dans ta pratique, tu vois des liens possibles avec le playful design ?

Quelques expériences de « Playful design » qui m’ont marqué

Pour t’inspirer quelques expériences que j’ai pu apprécié très orientée sur le play et la liberté de tester des choses

Le dispositif Johann Sebastian Joust : un jeu via une musique + un contrôleur à détection de mouvement ; le but est de se mouvoir en musique et d’éliminer les autres joueurs en les sortant du rythme. Et il y a plein de manière playful d’y jouer.
Pour le découvrir en mouvement, c’est ici.
L’exposition XYZT – les paysages abstraits au Palais de la découverte : une série d’installation pour jouer avec les abstractions et la lumière.  Une visite qui m’a marquée, parce qu’elle nous proposait de jouer avec l’exposition et de découvrir ce qui se passait. Pour découvrir quelques une des installations.
Le jeu de cartes The Mind : comment expliquer ce jeu de société ; coopérer sans communiquer pour réussir une série de cartes, tu es perplexe?  Une expérience à vivre et difficile à expliquer.  Le jeu qu’on aime ou qu’on aime pas, mais qui est une expérience. (les commentaires le prouve bien 🙂 )

Voila, c’est fini pour cet article mais n’hésite pas à me contacter si tu veux échanger sur le sujet, réagir, me citer d’autres inspirations.

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